Bonjour,
Un financement hôtelier signé à Marrakech, des gares annoncées à ses portes, des artistes qui travaillent la mémoire et les futurs du Maghreb : ces nouvelles racontent plusieurs façons de préparer l’avenir. Pour les relier, nous avons choisi une question simple : qu’est-ce qui change pour la ville et pour celles et ceux qui l’habitent ?
Cette semaine, nous passons des investissements aux réseaux du quotidien, puis de Sidi Ghanem à Bab Doukkala. Avec, pour prolonger la lecture, des expositions et deux soirées à inscrire dans son agenda.
Le chiffre à comprendre
250 millions de dollars : une enveloppe marocaine, des questions marrakchies
Le 15 octobre, Pickalbatros a annoncé un financement de 250 millions de dollars auprès d’IFC et d’Attijariwafa bank. Selon Zilla Capital, conseiller de l’opération, il accompagne des acquisitions à Casablanca, la modernisation et l’amélioration environnementale d’hôtels à Marrakech et à Agadir, ainsi que le refinancement de dettes existantes. Lire le communiqué de Zilla Capital.
La distinction compte : cette somme n’est ni entièrement destinée à Marrakech, ni intégralement consacrée à de nouveaux travaux. La répartition entre villes et établissements n’est pas précisée dans le communiqué consulté.
Pour Marrakech, l’intérêt du dossier se jouera donc dans les réalisations : quels hôtels seront rénovés ? Quels engagements environnementaux pourront être mesurés ? Quelles commandes bénéficieront aux entreprises locales ? Ces réponses permettront d’apprécier la portée de l’annonce au-delà de son montant.
Notre regard. L’investissement hôtelier mérite d’être suivi comme un sujet de ville : emplois, ressources, métiers et relations avec les quartiers. C’est à cette échelle que nous souhaitons le raconter.
La ville au quotidien
Sous les rues, un chantier moins visible
Dans la médina et à Mhamid, 2 470 mètres de collecteurs d’assainissement sont concernés par une réhabilitation, rapporte Le360 dans son reportage du 8 octobre. Le procédé de chemisage intervient à l’intérieur des conduites pour restaurer leur étanchéité et limiter les terrassements. Voir le reportage auprès de la SRM Marrakech-Safi.
Ce dossier précède la semaine de notre sélection, mais mérite de rester dans notre champ de veille. Entretenir les réseaux existants fait partie des transformations de Marrakech, au même titre que construire. Pour les riverains, le suivi utile porte sur les rues concernées, l’avancement et les gênes éventuelles.
Des gares annoncées, des usages à penser
Plusieurs publications du 16 octobre, dont une note de BMCE Capital Global Research, font état d’un marché d’environ 437 millions de dirhams pour cinq gares autour de Marrakech et Benguerir. Lire la note de marché.
Cette annonce ne donne pas encore aux voyageurs un calendrier de desserte. Fréquences, tarifs et correspondances seront déterminants pour juger l’utilité quotidienne du futur réseau. Nous gardons le détail des implantations et des échéances à confirmer auprès de l’ONCF.
Pour situer ces transformations, notre lecture sur le centre-ville, entre médina et ville nouvelle offre un point de départ : regarder les liaisons entre les lieux autant que les lieux eux-mêmes.
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Le fil culturel
À Sidi Ghanem, imaginer le futur depuis le Maghreb
MCC Gallery annonce depuis le 16 octobre le premier chapitre de Where the Sun Lies, exposition personnelle de Mounir Ayache. Sculptures, images et dispositifs numériques y rapprochent mémoire, territoire et futurs possibles. Découvrir la présentation de la galerie.
Ce qui retient notre attention : l’héritage devient ici une matière pour imaginer. Le Maghreb fournit des paysages et des récits à partir desquels inventer ses propres futurs.
Un autre lieu prolonge cette réflexion par l’architecture. À l’Institut français, Terres en partage, jusqu’au 3 novembre, rassemble des projets d’étudiants de l’ESA Paris et de la SAP+D de l’UM6P de Benguerir. Ressources locales, savoir-faire constructifs et réalités environnementales y nourrissent des propositions situées notamment dans la médina. Explorer l’exposition.
Notre rapprochement est une invitation à regarder : chez l’artiste comme chez les jeunes architectes, ce qui est déjà là peut devenir le point de départ d’un avenir à construire.
Le cinéma prend rendez-vous
Le site officiel du Festival international du film de Marrakech annonce Marion Cotillard à la présidence du jury de la 23e édition, du 20 au 28 novembre 2026. Une date à retenir ; la composition complète du jury et les informations d’accès du public restent à suivre dans les annonces du festival. Suivre le FIFM.
Sur un autre écran, Disney annonce la disponibilité du Marrakech Comedy Festival I depuis le 16 octobre sur Disney+. L’actualité est celle de la diffusion du spectacle enregistré, distincte d’un nouveau rendez-vous dans la ville. Lire l’annonce de Disney.
Une maison, deux raisons d’y revenir
Denise Masson : transmettre, puis écouter
Près de Bab Doukkala, la Maison Denise Masson propose un parcours permanent consacré à la vie et au travail de l’islamologue, traductrice du Coran. Archives, objets et livres donnent accès à une histoire intellectuelle liée à Marrakech. Notre article sur l’ouverture de l’espace muséal en présente les enjeux.
Le lieu se découvre aussi par sa programmation : OUM y est annoncée le jeudi 22 octobre à 19 h, pour son projet Dialddar. L’Institut français souligne la place de la voix et des percussions, dont une grande partie est fabriquée artisanalement à Marrakech. Une manière très concrète de relier création musicale, métiers et lieu de transmission. Programme et billetterie officiels.
Le carnet des prochaines sorties
Mercredi 21 octobre · 19 h — Nuit de la poésie, Dar Cherifa. Deux lectures-concerts, Danser jusqu’à soi et Servir, font dialoguer textes, voix et musiques électroniques dans le cadre de Radiochange #3. Le programme.
Jeudi 22 octobre · 19 h — OUM, Maison Denise Masson. Tarif annoncé par l’organisateur : 100 DH. Réserver depuis la page officielle.
Jusqu’au 3 novembre — Terres en partage, Institut français. Une exposition pour regarder l’architecture depuis les ressources et les savoir-faire des territoires. Préparer sa visite.
Jusqu’au 29 novembre — Daoud Aoulad-Syad au MACAAL. Le temps d’un battement de cil propose un regard photographique sur le Maroc des années 1980, attentif aux gestes et aux présences du quotidien. Découvrir l’exposition.
Toute l’année — Maison Denise Masson. Au 49, derb Zemrane : du mardi au samedi, 10 h–13 h et 14 h–18 h, hors jours fériés. Le parcours permanent est annoncé à 50 DH au plein tarif et 30 DH notamment pour les Marocains et résidents, avec des gratuités précisées par le lieu. Informations de visite.
Pour continuer la conversation
Un chantier qui change vos déplacements, un lieu culturel à découvrir, une initiative de quartier : quels sujets mériteraient une place dans notre prochaine lettre ? Vos observations et vos documents peuvent nous aider à regarder Marrakech au plus près.
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